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Une Seule manifestation en d’infinis reflets.

 

 

Une seule et même conscience.

Un seul est même souffle.

Un seul est même mouvement.

Une seule et même manifestation.

 

 

 

Le souffle est-il plus présent à l’inspire ou à l’expire?Quand le temps est à l’inspire, rien ne sert de vouloir expirer. Quand vient le temps d’expirer, le besoin s’en fait de plus en plus pressant. Tout effort contraire sera vain, et ne pourra s’opposer que pour un temps à l’inspiration. Il s’agit de la même chose pour ce qui est de l’anesthésie de la conscience par le processus d’identification et de son réveil à sa dimension unitive; un processus naturel, que rien ne peut forcer, que rien ne peut obliger, que rien ne peut empêcher.

Au travers du processus de retour à Soi qui me remet en conscience dans le non-lieu que je n’ai jamais quitté. Ce non lieu de moi est immuable présence, avant toutes perceptions, avant toutes pensées, avant toutes idées de moi et donc du monde. Avant même l’apparition de la faculté de conscience. Ici, il n’y a rien à savoir, rien à connaître, rien à perdre ou à gagner, rien à aimer ou à rejeter.

Espace pour l’apparition du Souffle, espace pour son inspire, espace pour son expire, espace pour sa dissolution.Que ‘Je’ se fasse arbre, se fasse roche, se fasse araignée, se fasse fleur, se fasse terroriste, se fasse ermite; un seul et même ‘Je’, une seule et même conscience. Au travers de l’être humain, la conscience va pouvoir s’éclairer elle-même et découvrir à travers le multiple, sa dimension unitive. Laissant alors au Sans visage l’occasion de se contempler dans ce miroir de conscience.

Ce ‘Je’ joue toujours tout seul. Ce ‘jeu’ se joue toujours tout seul. Il n’y a qu’UN.

Comme l’enfant qui parle à ses poupées ou met en scène ses playmobils.

Pour que ‘je’ s’oublie, il lui faut être plusieurs, cela commence par ‘moi’ séparé du monde. Alors je me vois séparé et surtout considère, ce dont je me sépare comme autre. L’autre peut être un enfant, un mari, une femme, un ami, un ennemi. Si je le perds ou qu’il disparaît, j’en prends un autre parce qu’il est nécessaire pour me sentir exister. Un chien ou un chat peuvent aussi faire l’affaire. Aujourd’hui, c’est encore plus simple je peux regarder la télé, et les réseaux sociaux. Alors j’ai plein de connaissances et d’amis que je peux éteindre ou allumer à volonté, pleins d’histoires où me mettre en scène.

Même la conscience dans sa dimension unitive a un début et aussi une fin. Et donc aussi un désir de perdurer, que l’on retrouve là aussi partout à l’œuvre dans le monde d‘espace et de temps. Un désir qui n’a rien de personnel. Qu’il s’agisse de l’animal qui préserve sa survie et celle de sa descendance (idem pour l’animal humain) ou la survie aussi d’une émotion qui veut se reproduire à nouveau, et qui cherche à perdurer en intensité ou encore la survie d’une idéologie, d’une religion, qui ne veut pas disparaître mais au contraire gagner le plus grand nombre ; toutes ses manifestations sont ce même souhait de perdurer de la manifestation. Tout ceci est animé par l’énergie de ce ‘Je suis’ premier, impersonnel qui se clame dans les infinis rayonnements créateurs de sa propre matrice.

Qu’en est-il du devenir des ‘relations’ dans cette même et unique conscience.

Dans l’évidence de la conscience qui retrouve son unité, la construction de la relation au monde et aux ‘autres’ se trouve progressivement et radicalement modifiée. En effet, comme pour l’ensemble de ce qui se manifeste et qui est perçue, tout est vu en tant que l’expression de mon invisible qui devient mon ‘Un visible’, mon reflet d’espace et de temps. Rien qui ne me soit étranger, rien qui ne soit autre, quand je retrouve la plénitude de mon unité. Et cela, ne souffre aucune exception. Comme tous les doigts d’une main font partie de la main, et sont animés par une même énergie. Cela ne les empêchent pas d’avoir des mouvements indépendants ou spécifiques, et d’être nommés chacun différemment.

Cela ne peut se faire que dans une dissolution des revendications toutes personnelles. Une dissolution qui ne relève là encore pas d’un effort personnel, mais d’un constat irrévocable du caractère totalement illusoire de ce sur quoi reposent ces revendications. L’unité du monde est déjà là de fait. La perception en est juste perturbée par le processus d’identification à un être particulier. Si je me vis en tant qu’individu, l’ensemble des perceptions sera classé dans un intérêt croissant ou décroissant relatif au maintient du bien-être et de la survie de cet individu.

La reconnaissance de ma vraie nature est donc un passage d’une conscience personnelle qui exclut, sépare ou s’approprie, à l’unité d’être impersonnelle qui se reflète et se reconnaît en toute forme, en tout être.

Dans cet espace conscient, apparaissent et disparaissent la multitude des situations et des différents êtres. Le mouvement de cette manifestation se vit de moins en moins d’une manière linéaire avec un passé, un présent, un futur qui racontent une histoire. Ce nouveau point de vue, fait percevoir les situations et les rencontrent comme des pulsations d’expressions, qui à chaque fois génèrent un instant particulier, qui s’effondrera sur lui-même pour laisser place à un autre instant particulier, qui fera de même, et ainsi de suite. Comme une succession de battement cardiaque, un seul à la fois, chacun devant disparaître totalement pour laisser place au suivant. Cette pulsation se manifeste d’elle-même sans effort pour devoir être maintenu dans cet espace de présence que je suis naturellement. Comme le reflet apparaît dans le miroir de par la nature du miroir, sans effort pour qu’il doive apparaître. L’effort, c’est la pièce à conviction qui témoigne de la présence de ce qui veut quelque chose de différent de ce qui se produit spontanément. C’est aussi la signature de la présence d’une identité qui revendique une action personnelle.

C’est un aspect qui ne peut être véritablement saisi que quand il est vécu. L’absence d’effort est souvent prise pour l’inverse de l’effort dans sa version toute personnelle, c’est à dire une sorte de laisser aller ou de résignation. L’absence d’effort évoquée ici n’est pas synonyme d’absence d’action ou de mouvement, mais est perçue comme une dynamique d’expression impersonnelle. Cette expression dans l’espace et le temps peut prendre un aspect apparent d’effort, comme on pourrait le sentir dans une vague qui se forme et se soulève avant de s’échouer et se dissoudre sur le rivage. Rien de personnel dans cela, et pourtant quelle puissance, quelle beauté à l’action, que de falaise, de côtes modelées par cette action sans volonté propre. En fait, tout depuis ce point de vue non localisé et vu de la sorte, même quand il s’agit de relations ou d’actions humaines. Et quand cela ne l’est pas, c’est pour pointer clairement et de façon très directe sur un point d’accroche, de non fluidité de ce mouvement qui correspond à une dynamique d’appropriation ou d’identification à une idée, une valeur ou un concept particulier, sur lesquelles voudrait s’accrocher le processus d’identification. Cette dynamique d’identification est une qualité de la conscience qui ne demande que des circonstances favorables pour s’exprimer. Elle n’a rien de personnelle. Il n’y a en fait aucune capacité personnelle, c’est juste la distorsion que crée le processus d’identification qui fait croire à une dynamique personnelle pour soi et donc aussi par conséquence pour les ‘autres’. Quand le voile de cette distorsion se lève ici, il fait se dissoudre simultanément le voile qui me faisait voir des ‘autres’. Des autres qui avaient des intentions et une volonté personnelle et donc le choix de faire ou de ne pas faire, de bien faire ou de mal faire. Comme les carrés de sucre qui tombent les uns sur les autres à partir du moment où le premier est basculé sur celui d’à coté, toute cette mise en scène s’effondre sur elle-même.

Jusqu’au dernier souffle, tout est encore là pour qu’elle puisse potentiellement prendre racine. En réalité, moins l’espace lui devient hospitalier, moins elle pourra s’installer. Ici, un espace inhospitalier signifie, une conscience qui s’éclaire elle-même suffisamment pour déployer une clarté de moins en moins propice à cette expression limitée d’elle-même et par contre, de plus en plus appropriée à laisser transparaître la clarté indicible du Soi.

Elle qui se reflétait dans l’espace et le temps, se fascinait pour son propre reflet à s’y perdre, devient elle-même miroir pour le reflet invisible et indescriptible du Soi.

‘Je suis’ est ce phénomène à l’œuvre dans son entier. ‘Je suis’ est le nom de la bulle de conscience au sein du quel prend place ce processus.

Parce qu’il n’y a que ‘ Je suis’ qui  soit à l’oeuvre, c’est ainsi que toutes manifestations qui sont son expression le sont, en vibrant, en rayonnant, en chantant, en poussant, en criant, en parlant, en silence.

De multiples et infinis manière de me dire, de dire ’Je suis’.

 

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