+33 6 75 88 68 87 / +33 6 76 72 56 46 info@voyageurs-de-l-immobile.com

Le processus d’identification, ou comment vivre l’expérience d’être quelque chose plutôt que Soi.

 

 

Par l’identification, je me définis par ce que j’appelle ‘moi’. Sans me poser plus de question sur ce qu’est ce ‘moi’. Il s’agit en fait d’une accumulation de mémoires et de programmes de comportements, dont l’inventaire est rarement mis à jour et pour une très grande part inconnue.

L’identification n’est pas un processus individuel. Il n’y a rien d’individuel, sauf au travers des perceptions d’une identification individuelle déjà en place. Ce processus d’identification est une capacité propre à la conscience.

La conscience peut se prendre pour tout ce qui se présente en elle,

A partir du moment où le sentiment d’être qui lui est lié apparaît. Sentiment d’être qui permet à un être humain de dire ‘Je suis’. Cet état premier, est aussi l’état nécessaire à toute manifestation. C’est celui qui fait tout autant briller le soleil, que grandir un arbre, chanter un oiseau, guerroyer un être humain. C’est aussi ce qui va permettre, paradoxalement, l’expérience de l’oubli de Soi et de reconnaissance de Soi. Toute démarche qu’elle soit qualifiée de philosophique, religieuse ou spirituelle repose sur la présence de la conscience et sur sa capacité d’identification. Avant cela, pas de question, rien à oublier, rien à retrouver, rien à perdre, rien à gagner.

Ce ‘Je suis’ universel est mon premier nom, celui employé par tous mes reflets, toutes mes apparences, avant de lui rajouter d’autres qualificatifs d’identification. C’est là que se trouve la racine de ‘ mon ‘ histoire, de l’histoire du monde, de toutes les histoires.

Les possibilités d’identification sont infinies, tout autant que l’est la capacité de la conscience à se manifester en une multitude de formes et d’apparences.

Cela pourrait s’exprimer très simplement aussi par le fait que à partir du moment où ’Je suis’, ‘Je’ tombe en état de fascination de pouvoir être quelque chose, plutôt que rien. Même si ce quelque chose est très limité et bien éphémère, comme peut l’être un corps humain.

Réduit à un morceau de moi, je vais tenter de  retrouver ma vraie dimension en me donnant plus d’importance, avec de belles idées, de brillants concepts et de beaux idéaux.

Mon identité va pouvoir s’élargir à ‘ma’ famille, ou bien  encore selon les circonstances, à ma rue, à mon pays, à l’humanité, à la planète. Quelque soit la taille que je me donne, je me rends compte que c’est toujours le même processus d’identification à l’œuvre. Dans cette direction, je ne trouverais jamais qu’un reflet de ce que ‘Je suis’ fut-il au dimension de l’univers.

Ceci amène à se poser une autre question :

Peut-on se préoccuper, prendre soin, aimer, autre que soi? Autre que Soi?

C’est uniquement parce que ‘je’ me sépare de moi-même que je me donne la possibilité de m’identifier et ensuite de m’approprier un sentiment d’altruisme et de générosité du cœur toute personnelle.

Ce qui se perçoit comme séparé, n’aura alors de cesse de retrouver l’Unité perdue dans le multiple, l’infini dans le fini, l’absolu dans le relatif, l’immuable dans l’éphémère. Rien de personnel, rien de choisi dans tout ceci. Alors que faire?

Juste regarder, juste en être le témoin.

Observer la force d’inertie de l’identification qui fait perdurer l’expérience d’une conscience individualisée et qui ainsi continue de me faire oublier ma véritable dimension.

Dans cette mise en lumière, il devient alors évident que le silence tant recherché,est une émanation de ce qui observe Ici, que la paix tant convoitée dans le monde est déjà là sans rien à voir à changer ou combattre. que rien ne peut ébranler la sérénité qui emplit cet espace de présence. que rien ne peut être obtenu de plus que ce qui se déploie Ici dans un parfum de plénitude et de gratitude.

Partagez