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Le choix

 

Par choix, j’entends la possibilité qu’aurait une personne de prendre une décision et de poser un acte ou non dans l’intention d’orienter volontairement et lucidement le cours des choses. Par la possibilité de choisir, je peux poser ou non un acte, une parole qui va orienter la manifestation à venir. Un véritable choix ne peut se concevoir que si, je suis parfaitement lucide sur ce qui me fait prendre telle ou telle décision. Cela voudrait dire que quand je dis que je choisis je le fait à partir d’ un état de liberté non conditionné ni par l’ éducation, ni par la culture, la religion, ou encore le fonctionnement génétique et biologique du corps physique.

Depuis Ici (présence naturelle) peut être observé, si ce n’est l’ensemble, tout au moins une grande part des conditionnements et concepts agissant au sein de la conscience. La pluspart du temps masqués par un état d’identification à un complexe corps- mental considéré comme autonome et recvendiquant ses propres choix et son pouvoir d’interférer sur le cours des événements.

 

Depuis, Ici, chacun peut observer les différentes énergies à l’oeuvre dans les mouvements de déployement, et de résolution d’un mouvement, d’une action, ou d’une retenue.C’est pourquoi la notion de choix ne peut se concevoir que dans le domaine restreint de la conscience limitée par son indentification à une personne (corps-mental) séparée du monde. Ce n’est que dans un tel référentiel et une telle mise en scène que la notion de choix peut exister et peut être amené à exister dans cet artifice.

La notion de choix et celui qui le revendique n’existent que sur une fréquence de conscience identifiée à une somme d’informations et de mémoires qui sont à l’origine des conditionnements qui vont générerer des soit disant décisions ou choix. Peut-on encore parler de choix dans ce cas ? Qui choisit ?

Il n’y a qu’un seul mouvement, qu’un seul souffle à l’ oeuvre, quoi d’autre peut exister, quoi d’autre aurait pu exister, quoi d’autre pourrait exister. Le seul choix possible est ce qui est, sans que personne ne l’ait choisi.

Quand à cette absence de choix se surimpose par l’illusion provoquée par le sentiment de séparation, l’impression de pouvoir choisir, il ne s’agit toujours que d’une interprétation ‘personnelle’ avec un temps de retard de ce qui est déjà en train de se dérouler. Ce n’est qu’une description de ce qui est déjà entrain de se manifester, et qui ne peut que le faire, puisque tout est déjà en place pour cela. Il n’est possible pour aucun des éléments de la manifestation d’agir différemment, même de façon infime. C’est la manifestation dans son entier qui bouge et non pas un élément séparé, indépendamment des autres.

Alors, d’Ici il est clair que la chorégraphie de cet unique mouvement, est ma danse.

Tout est mon choix, tout est mon absence de choix.

Ce n’est pas parce que ce dit : «  je choisis », qu’il y a choix. Ce n’est pas parce que ce dit ‘je décide’ qu’il y a décision.

Toute l’histoire humaine repose sur cette notion de choix, donc de responsabilité, donc de revendication, de fierté ou de culpabilité. Ce que je revendique comme un droit, une liberté personnelle est en fait un aspect de la cause première de l’enfermement et de la limitation que se vit au travers d’une conscience séparée du tout. Pour pouvoir choisir, il faut être séparé.

C’est ce qui est raconté par exemple dans la sortie du paradis d’Adam et Eve qui en croquant la pomme de la connaissance sont chassés par Dieu du paradis. Il s’agit en fait d’une symbolisation de ce qui se passe quand la conscience apparaît, avec la faculté de connaissance, qui fait apparaître en même temps le sentiment d‘exister (se tenir en dehors de) et donc d’être chassé non pas d’un paradis géographique, mais de notre propre paradis, c’est à dire de notre unité, de notre totalité. Ce n’est pas un Dieu émotif, qui chasse qui conque d’un paradis, c’est le processus de conscience lui-même qui, quand il apparaît, crée une séparation d’avec notre Absolu. L’Un ne se connaît pas. Si il se connaissait il serait au moins deux.  Lui et la connaisance de lui. Même rien et un, sont déjà deux.

Une fois la pomme croquée, le jeu peut commencer.  ‘Je’ peut commencer.

Et dans ce jeu, de commencer  à accuser l’autre ( société, dieux , gouvernants et dirigeants, femme, mari, enfant, parent) d’être autant d’eve qui seront la cause de mon malheur.

Puis vient le temps d’arrêter de jouer, de rentrer chez Soi.

Sans que rien ne change en apparence, par ma  propre reconnaissance tout est vu autrement. Il n’y a plus d’autre, il n’y a plus de responsable, il n’y a plus de choix, même si le spectacle continu.

Tant que je me prends pour une personne autonome, je revendique d’être libre quand je peux choisir. Alors que celui qui s’est reconnu  à la connaissance directe qu’il est le ‘Je suis’ libre du choix. Ce qui pourrait aussi ce dire ainsi : « Ce qui est, est mon choix. Le monde dans sa totalité est mon choix, le choix de personne, le choix de Ce qui est ».

Derrière le choix apparent, voir ce qui choisit quand il se dit : ‘j’ai le choix, ou je choisi’, ou encore ‘je n’ai pas le choix, je suis contraint’.

Quand le regard que je porte sur ce qui est, se désencombre du besoin d’entretenir une identité indépendante, autonome, et donc responsable de ces choix, capable de décider par elle-même, cela provoque un élargissement de vision qui permet d’embrasser la somme  des conditionnements innés ou acquis que ce soit sur le plan biologique ou psychologique, pour la plupart vécus sans que ce que j’appelle communément ‘moi’ n’en ai la moindre connaissance. Seule la conscience dont la clarté est diminuée par le processus d’identification peut se laisser leurrer par une pareille contre vérité, qui consiste à croire pouvoir choisir et revendiquer ce choix.

Aujourd’hui, pour corroborer ceci, le besoin de rationalité du mental trouvera satisfaction dans les recherches  en neurosciences et en physique quantique et nucléaire,et qui confirme ce qui est rapporté depuis des millénaires dans les domaines philosophiques, spirituels ou par les révélations spontanées que peuvent fournir des états particuliers de la conscience.

Toute impression de choix est une surimposition d’interprétations, de pensées sur un mouvement impersonnel de la conscience manifestée dans son entier.

Une seule et même conscience,

Un seul et même mouvement,

Un seul et même reflet,

Un seul et même souffle.

 

Si j’ai des lunettes roses, je vais voir la vie en rose, si j’ai des lunettes bleues, je vais voir la vie en bleu. Ce qui se manifeste n’est ni bleu, ni rose pour autant sans ces filtres.

Et de plus le fait de mettre des lunettes roses ou bleues n’est pas la cause première, mais une conséquence, d’une somme d’énergie qui demande à se manifester et dont la résolution de manifestation se concrétise par cette pseudo prise de décision.

Ceci ne pose problème qu’à la part de conscience en moi qui revendique sa liberté, tout en suffoquant de son rétrécissement à une si congrue limitation d’elle-même.

A cela, se rajoute le poids de responsabilité et de culpabilité que ce concept de choix oblige à porter. De ce qui est considéré comme une liberté, je ne peux que constater un emprisonnement qui se confirme au quotidien dans le fonctionnement des individus et de la société que ceux-ci constituent. Et c’est ainsi que je critique le fonctionnement de la société et des autres individus, sans voir qu’il s’agit de mon propre empêchement que je pointe.

De tout ce processus, personne de responsable, puisque personne n’a le choix et qu’il n’y a personne dans le sens d’une entité autonome, indépendante du reste du monde. Point de personne qui serait libre de ses pensées, ressenties, émotions et autres sensations et perceptions. Quand ceci est pleinement reconnu et accepté comme expression de ma véritable nature, et que donc tout ce qui se produit, se fait, se pense, se vit en moi ou autour de moi est mon propre non choix, cela revient à dire, que tout ce qui est, est mon véritable choix. C’est là, et uniquement là que se trouve la véritable liberté.

Ce qui dans une fréquence de conscience fixée sur une identité personnelle est une valeur revendiquée, s’inverse totalement quand la conscience se vit sur une fréquence unitive.

La véritable liberté est celle procurée par un abandon de tout choix possible, de toute liberté individuelle, de toute décision. Elle peut se vivre pleinement quand toute revendication personnelle s’est dissoute. Et plus exactement quand tout fonctionnement sur un mode personnel est vu comme illusoire.

 

Une paix infinie s’en suit, qui permet à la conscience de se poser encore plus en elle-même ( si cela été possible), dans cette place de témoin de ce qui est, de ce qui joue à faire le bon choix, le mauvais choix, à se choisir, à se refuser, à avoir raison ou avoir tord, à savoir ou ignorer ; Bref, à se divertir le temps d’un pseudo oubli de Soi.

Se voir et se vivre multiple est déjà une fréquence de transparence à notre unité. Par contre, quand l’identification est complète, que je ne peux plus me reconnaître dans les autres formes et aspects de moi-même, je vais alors me vivre séparé dans mon seul corps et mes seuls concepts. Ce n’est plus le multiple qui se vit mais l’isolement, la séparation, l’opposition, l’enfer-me-ment.

Cette prison de fascination pour mon existence n’est que très rarement lâcher complètement. Parmi les différentes voies qui s’offrent pour m’ouvrir à cette dimension d’Être, qu’elles soient, artistiques, spirituelles, sociales, écologiques, philosophiques, le seul obstacle que je rencontrerai sera toujours ce rétrécissement de moi, si il n’est pas prêt à lâcher. Toute démarche de développement personnel ou de connaissance de soi va avoir pour moteur premier de vouloir intervenir sur ce rétrécissement, de lui donner au moins une dimension plus confortable, de repousser les murs de la prison conceptuelle. En tant que personne revendiquant sa liberté et attachée à ce concept, je suis la prison dont je veux sortir.

Ce jeu durera tant que l’illusion sera là. C’est à dire tant que ma vision sera distordue par la narcolepsie d’identification. Celui qui veut se libérer, n’existe que sous l’effet de la narcolepsie qui lui fait croire qu’il est quelqu’un qui peut être libre. Cela peut être observé plus aisément dans l’état de rêve. Par l’identification de la conscience à un personnage du rêve, je vais tout mettre en œuvre au sein du rêve pour protéger l’existence de ce personnage pour qui je me prends.

Mais ce n’est aucunement le personnage du rêve qui a un pouvoir sur son existence et sur sa ‘durée de vie’.

Une fois le rêve fini, c’est à dire quand la conscience  passe sur une autre fréquence, ou autrement dit reçoit d’autre type d’information, d’un autre monde, d’un autre état, le personnage du rêve, la scène, l’expérience se dissolvent automatiquement. Que deviennent-ils?

Ce processus est du même ordre sur toutes les fréquences de fonctionnement qu’il est possible d’expérimenter.

L’exploration de ces multiples états et des expériences qu’ils contiennent est infinie. Vouloir les saisir toutes et tous, les résoudre ou encore les comprendre fait partie de ce grand jeu.

Cela ne mène nul part d’autre que dans ce monde virtuel. Tout comme le gagnant d’une partie de Monopoly ou de jeu en ligne ne sera riche ou pauvre que dans le cadre de la virtualité du jeu. Quoi que ce soit que nous puissions atteindre, trouver, comprendre, réaliser, gagner ou perdre, n’aura de valeur et d’existence que dans le jeu d’une existence de conscience identifiée à un joueur de la vie. Une fois la partie finie, que restera t-il de tout ces gains virtuels.

 

 

Alors que faire?

 

Quand en moi ce qui relève de la dynamique du faire, de ce qui revendique être l’auteur de telle ou telle action ou qui revendique sa liberté d’être ou de penser entend ceci pour la première fois, il a tôt fait de se mettre en place une stratégie défensive, de dénis totale, ou d’argumentation utilisant toutes les stratégies de manipulations de la peur.

Encore une fois, il est important de ne pas le voir comme une intention volontaire et personnelle, tel que cela est souvent présenté dans les voies spirituelles, quand ce n’est pas mis sur le compte de forces maléfiques et diaboliques. Cela entretient et nourrit l’image fausse de quelqu’un qui pourrait avoir une quelconque volonté et intention propre, qui est paradoxalement ce de quoi ces voies sont censées me libérer. Mais plus justement le voir comme la manifestation d’une inertie, si ce n’est d’une résistance, à un mouvement de retour à Soi qui est en train de se mettre en place. Ceci ne peut être saisi intellectuellement, mais simplement observé depuis ce qui, Ici, n’est pas concerné par ce mouvement d’identification ou de désidentification. C’est à dire depuis ce ‘Ici’ qui n’est pas du domaine de ce spectacle de temps et d’espace. Ici, dans mon état naturel qui ne change pas quel que soit ce qui s’y déroule.

Ce qui, Ici, est le témoin immuable de toute’apparition , de son déploiement, de sa résorption. Et qui, le temps de cet événement, peut y être reconnu.

Qu’est-ce que cela donne ‘concrètement’ ? Et bien tout simplement ce qui est déjà en place, mais sans l’ajout de la somme de pensées, de commentaires, de fatigue, de lourdeur, d’engluement émotionnel que génère la fréquence d’identification.

C’est en quelques sortes comme assister à la retransmission d’un événement sportif dont on couperait le son du discours du commentateur.

Alors que faire, pour accéder à cela.

Il n’y a rien à faire d’autre que de laisser se faire ce qui se fait déjà, ce souhait peut être  vu comme l’expression encore teintée d’identification personnelle, de ce mouvement impersonnelle de la conscience sur elle-même.

Ce mouvement se fait à un rythme qui lui est propre. Comme une respiration, qui est à la fois un phénomène universel, et en même temps qui a son rythme propre en chaque être vivant.

Tout comme ce qui observe la respiration et l’expérimente n’est pas plus l’inspire que l’expire, il m’est possible d’observer que ce qui est présent au phénomène d’identification, ou de rêve, ou de se prendre pour quelqu’un qui agit dans le monde est toujours, constamment, imperturbablement présent, en tant qu’Ici. Et cela indépendamment de mes concepts philosophiques ou religieux. Le fait d’être, me donne de fait cette capacité.

C’est extrêmement simple. Si simple qu’aucune complexité ne peut y survivre.

C’est cela la mort tant redoutée.

Une mort à une fausse identité.

L’installation lucide dans ce non-lieu que je n’ai quitté qu’en rêve va générer tout ce qui est nécessaire pour que cette histoire de retour à Soi se vive d’une manière unique, mais toujours dans une ‘happy end’ faites de grâce et de félicité. Jusqu’à la totale résorption en Soi.

 

Ici

Ici n’est pas un lieu,

Ici n’est pas plus ici que là-bas.

Ici est plus proche que quoi que ce soit que je connaisse ou pourrais imaginer.

Ici n’a pas d’image, Ici n’a pas d’âge, Ici ne sait pas, ne se connaît pas.

Ici est avant toute notion d’être ou de ne pas être,

Ici nul besoin d’ange ou de démon, d’enfer ou de paradis

Ici se suffit d’avant tout.

Ici est comblé de sa vacuité.

 

 

 

Dans cette grande mise en scène, pour être réveillé de ce rêve,

Certains reçoivent le baiser du prince charmant, d’autre un grand sceau d’eau froide.

 

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