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La spiritualité n’existe que dans la grande mise en scène de la vie.

Quand cela a été réalisé, ce fut comme une grande claque de réveil.

Alors que jusque là, la spiritualité bénéficiait d’un statut à part et au dessus de tout dans la hiérarchie des valeurs posées sur les multiples aspects et domaines de la vie .

Elle qui était toujours mise comme au dessus de toute manifestation, se retrouvait, maintenant, au même titre, que tout ce qui apparaissait et disparaissait, comme reléguée à un élément de décor de ma propre mise en scène.

Ce qui m’avait fait à de nombreuses reprises tout lâcher pour y être consacré totalement, pouvait et devait à son tour être lâché.

C’est à dire, retrouver sa juste place de reflet d’espace et de temps.

Elle pouvait et devait être défaite de son habillage de vérité absolue sur laquelle se rassurer et se reposer.

La spiritualité a toujours eu un statut à part du reste du grand jeu de la vie, comme si elle existait en tant que référence au dessus de tout.

De part cette place particulière qui lui était donné, elle a pu être un levier puissant pour dépasser les limitations personnelles.

Un autre aspect est que dans bien des situations,elle fut un refuge de protection pour la dimension de l’être qui a besoin de se rassurer en étant dans les bonnes grâces du Divin, dans la juste voie, la juste attitude, ou bien encore au dessus de la situation.

En étant dans les bonnes grâces, ‘je’ pensais ainsi être épargné. Je croyais faire partie des ‘élus’ qui ont la connaissance, de ceux qui seront sauvés, de ce qui détiennent la vérité. Mais  ce que je ne voyais pas alors, c’est que je restais ainsi séparé de ma plénitude, séparé de ‘moi-même’ par une vision embuée de référence. Je ne m’étais pas encore perçu dans mon unité, qui permettrait de laisser s’exprimer pleinement mon unicité.

Encore est toujours, cela repose sur cette fréquence d’identification à une personne qui évolue, qui chemine, qui peut être dans le juste ou dans le faux. Ces concepts psycho – religieux n’ont là encore rien de personnel, et contribuent parmi tant d’autres à ma propre mise en scène.

De cette façon est entretenu  le sentiment de séparation d’avec Soi. Même quand tout prétend dans ce référentiel spirituel, que je suis censé désirer et chercher ce Soi.  Ce n’est rien d’autre encore qu’une fréquence particulière qui laisse place, dans un décor spirituel, à l’adoration du sentiment d‘exister. Une fascination de l’être pour l’être, Quel que soit ce pour quoi ‘je’ se prend. Un soi qui se prend pour quelque chose ne sera jamais Soi, et sera toujours dans une séparation d’avec Soi.

Quand le réveil se produit, la mise en scène est vue pour ce qu’elle est. Ce qui pouvait y être sans valeur, ou au contraire y être adoré, s’effondre de la même manière.

Tout comme pour le rêve, si le réveil est pour ainsi dire instantané, le parfum de certains ressentis ou certaines images peuvent encore perdurer un moment. Dans ce grand rêve de jour, ce qui a le plus d’intérêt ou de valeur dans mon référentiel est ce qui va posséder le parfum le plus tenace, la spiritualité par exemple ici.

Quand le rêve est vu pour ce qu’il est, c’est alors que ce qui pourrait être nommé la véritable spiritualité apparaît.

Auparavant, s’y cachait l’espoir que si je m’y consacrais, je m’assurais une assise sur une valeur sûre, un fondement fiable.

Cette dimension de la spiritualité est toute teintée de religiosité, avec toutes les limites et intégrismes ( peurs) qui la caractérisent.

Ce qui n’était pas encore conscient, tout en le sachant ultimement, c’est que le jour où ce statut particulier allait tout comme le reste s’évaporer comme un mirage dans le désert, la libération serait alors totale. Non pas par un renforcement de cette croyance en une valeur absolue, mais au contraire par sa dissolution, comme un dernier bastion de résistance qui se rend.

C’est la dernière phalange du dernier doigt qui empêche le grand saut en Soi, qui lâche ce qu’elle croyait tenir.

C’est une fois que l’abandon s’est produit, que le caractère illusoire de ce qui retenait et était retenu, est vu pleinement; perdant par la même tout pouvoir d’attractivité et d’hypnose.

 

C’est toute la différence entre une fréquence de conscience où il y a identification à quelqu’un qui cherche à se libérer ou qui se prétend libre et une libération qui se fait au sein de la conscience par un retournement de celle-ci sur elle-même.

 

Ici, rien ne change, mais ce n’est qu’alors que cette réalisation est possible.

J’assiste aux multiples irisements à la surface de la bulle de conscience, j’assiste au jeu d’identification et de dé identification de la bulle à ces différents miroitements de surface.

J’assiste à la manifestation de son dévoilement à elle-même, qui lui permet de s’éclairer en conscience de sa propre lumière. J’assiste à la réflexion  dans sa vacuité de ce qui ‘Ici’ ne se sait pas. Dans cette réflexion, tout ce qui reste de personnel ne peut subsister. Comme un baiser de dissolution, le baiser de la mort qui rend le fini infini, le temporel intemporel.

Reste ce qui Ici a toujours était là avant que quoi que ce soit y prennent place .

Mon nom avant que ‘je’ m’en donne un, mon visage  avant que ‘je’ m’en attribue un.

Le  ‘je’ qui aime la spiritualité peut continuer, mais il devient alors un ‘jeu’, ou même un art qui consisterait à  laisser s’exprimer ( vivre) le plus subtilement possible,  l’indicible Ici.

Chanter,  danser, aimer,  peindre,  sculpter, mettre en mot, sentir, goûter, écouter, ne rien faire…. tout est alors prière, tout est alors célébration.

 

 

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