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Qu’est ce que l’identification ?

 

Plutôt qu’une définition théorique, explorons comment se manifeste et se perçoit ici le processus d’identification.

Des formes, des couleurs, des mouvements sont perçus. apparaissent et semblent distinctes. Chacune de ses formes est animée d’une énergie qui va tendre à laisser se déployer et entretenir sa manifestation.

Que ce soit le têtard dans la mare, l’éléphant dans la savane, le cochon à l’abattoir,

l’ être humain qui traverse la route, en chacun agit une force de préservation.

Chez l’être humain ou plutôt à travers lui, à cette force de préservation se rajoute  la conscience d’être et  la conscience d’exister.

Se développe ainsi dans le temps une image de soi, et de ce que nous paraissons être en tant que personne, c’est à dire comme un objet spécifique de la manifestation.

Cet objet devient  alors le sujet d’une préoccupation majeure.

Bien plus que chez le têtard, l’éléphant ou le cochon, pour qui la situation va engendrer une action appropriée dans l’instant,sans création d’une histoire. Cela se fait, point.

Pour l’être humain, le sentiment d’exister, c’est à dire littéralement  de se tenir à l’extérieur, séparé du reste du monde et donc de lui-même en tant qu’unité consciente, va induire un besoin d’entretenir cette existence séparée.

Être est sous tendu par la force de vie ( Conscience dans son aspect de manifestation ), et se fait avec l’énergie de cette manifestation dans son entièreté. Exister, se fait toujours sur ce même support (il n’y en a pas d’autre), mais avec un filtre réducteur, de volonté, d’énergie, de références personnelles. Ce filtre va d’une certaine façon générer une surconsommation d’énergie pour entretenir ce processus d’existence séparée avec une ressource disponible réduite par la distorsion induite par ce même vécu, créant ainsi un cercle vicieux de limitation, de peur,  de crispation, d’effort.

Un peu comme si j’étais convaincu que je devais marcher ou courir pendant tout le trajet effectué dans le train pour que le voyage se fasse et que le train avance.

Ce passage de la force de préservation de la conscience manifestée dans un fonctionnement unitif, à une limitation de cette même conscience dans un fonctionnement de manifestation séparée d’elle – même, est ce qui peut être considéré comme la base de toute identification.

Ce processus n’est en rien un processus personnel, l’identité n’est que la conséquence de ce processus impersonnel de la conscience dans son aspect de manifestation.

Il ne s’agit là ni d’une maladie, ni d’une tare, ni d’un état régressif, comme cela peut être évoqué parfois, par un raccourci ou une simplification maladroite dans certain enseignement spirituel.

Ce n’est pas non plus un état à ‘body builder’ que ce soit sur le plan physique, psychologique ou même spirituel, comme pourrait le laisser croire les nombreuses propositions et remèdes miracles qui sont proposés sur chacun de ces plans.

Il s’agit d’un processus naturel de la manifestation.

L’oeuf est-il une tare de l’oiseau, la graine une dégénérescence de l’arbre, la chenille un sous papillon ?

Cela n’est pas pour autant un stade abouti, et si dans ces exemples la conscience manifestée s’identifiait à la forme de graine, de chenille, ou d’oeuf au point de se figer et de d’arrêter son mouvement de transformation, alors finirait par arriver ce qui est tant redouté par ce qui s’est identifié : ‘sa mort’. ‘Mort’ qui n’est en fait qu’un retour au mouvement permanent de la manifestation. La mort est le relâchement bien faisant et tant attendu d’un souffle figé, crispé, retenu trop longtemps et qui reprend son mouvement naturel.

Cette mort se fait la plupart du temps par la disparition de la forme physique. Cependant,si le processus poursuit son cours, elle peut aussi se faire aussi avec le corps. Les capacités développées dans la phase d’apprentissage de la phase d’identification, sont alors à la disposition d’une conscience qui a retrouvée sa spatialité et son intemporalité.

 

Comment prendre conscience de ce processus d’identification?

Observer.

Sentiment d’appropriation de certaines expériences, rejets d’autres.

Ces perceptions peuvent être des sensations physiques, des idées, opinions, émotions , qui seront rejetées ou retenues.

Il peut il y avoir identification a un corps, une partie du corps , une idée , une philosophie , un groupe d être , une terre, une planète ….

Si l’attention aux sensations et perceptions n’est  pas trop asphyxiée par ce processus d’identification, l’emprise de ce phénomène peut être perçu notamment par des sensations de contractions du corps physique, ventre, visage, mâchoire, articulations, etc, ou bien encore par la présence de mouvements de crispations musculaires ou d’infimes (ou brutaux)s mouvement du corps vis à vis de toute information perçue comme une mise en péril de cet état particulier.

Ceci est en fait très variable, puisque c’est un phénomène éphémère qui n’a lieu que dans l’instant.

L’objet sur lequel la conscience va s’identifier peut donc changer à tout moment.

Par contre il est tout à la fois consommateur d une énergie très grande au niveau  physique et limitant au niveau des ressources possibles.

Avec le sentiment d’exister, apparaît à la fois la peur de disparaître, et donc la peur ou le besoin de dominer ou de se protéger de ce qui est autre.

Ce besoin de contrôle  peut se manifester par toute sorte de comportement tel que besoin d’être aimé, de plaire ( attitude de séduction,  besoin d’expliquer de comprendre et de se rassurer par toutes sortes de cosmogonies , philosophies, religions ).

Prenons pour analogie le ciel et ce qu’il peut contenir, les nuages par exemple.

S’identifier revient en tant qu’espace,( conscience) à ce prendre pour un nuage particulier dans le ciel. Vient alors, la peur de disparaître, l’inquiétude de sa place par rapport aux autres, la comparaison et le questionnement.

Ce processus d’identification peut se relâcher, ou bien pas.

Une étape dans ce relâchement de l’étreinte d’identification (après avoir essayer d être le plus gros, le plus blanc ou le plus beau des nuages ), fait que le processus  permet à la conscience de se reconnaître dans le ciel dans son entier. Sans remettre en cause le processus d’identification en tant que ciel. Les nuages, ” le mien” comme les autres, sont toujours alors un nuage de trop. Toujours alors la peur que l’ un ou l’ autre apparaissent et viennent remettre en question mon azur immaculé !!!

Puis (façon de parler linéaire, à la façon dont les jours et les nuits se succèdent dans ce ciel), je vois que je ne suis ni le ciel, ni les nuages, ni quoique ce soit.

Et toujours sans remettre en question ce sentiment d’exister, Je prend conscience que je suis Mr ou madame vaste conscience, pour le ciel, pour les nuages, le grand beau temps, les orages ….

Oui, tous ces incessants changements prennent placent ici.

Quelque part encore, ils symbolisent ce qui a le pouvoir de me distraire, de me faire prendre pour mon reflet plutôt que moi-même, de créer comme un oubli de moi.

Alors habilement, je les dénigre, je les nie.

Y aurait-il encore une peur de mon propre visage dans le miroir d’espace et de temps !

Puis vient le temps où que je perçoive ce reflet dans sa totalité universelle , ou une infime partie d’une situation particulière, je suis rendu à l évidence , que ici rien  ne bouge, que ici rien ne change , que ici rien ne peut être perdu, ni gagné.

Ici s’effectue un dicernement essentiel entre les formes qui se prennent, sans que personne ne prenne forme.

Ici, rien ne s’identifie, mais rien non plus ne refuse, rien ne peut s’isoler, se protéger, ou combattre, tout prend place Ici.

 

 

Oui !

C’est bien Ici que tout prend naissance, que tout vient mourir.

Ici où le temps n’est pas né, où ‘Je’ n’est pas né !

Je n’ai pas d’autre, je ne suis pas autre que cet Ici, pour naître et pour mourir, pour me faire peur et m’oublier, pour m’aimer et me réaliser !

 

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