Plus il enfonçait dans ce paysage qui s’ouvrait à lui, plus l’abondance des formes et des couleurs s’accrochait à lui comme des ronces inextricables.

Dans une lutte vaine qui ne faisait que resserrer ces liens autour de lui, il finit par s’assoupir.

Ce n’est qu’à son réveil qu’il remarquait ce qui ne semblait tout d’abord être qu’un trou dans ces murs de sensations.

Plus son attention se portait sur ce trou, plus les limites en étaient repoussées jusqu’à devenir espace.

Un espace qui en même temps qu’il se déployait, se retournait sur lui même, comme un gant que l’on quitte.

Dans ce retournement, le monde avec ses décors si réels se mit à vaciller, à se déchirer.

Dans ce déchirement du monde, c’est tout ce qu’il connaissait de lui et des autres qui s’en allait par là même.

Le théâtre, la scène, les acteurs, étaient aspirés dans cet espace aux limites infinies.

A mesure que tout de lui et du monde disparaissait, l’évidence de reprendre sa véritable forme sans forme l’appelait à ne pas écouter la peur de mourir et de se laisser dissoudre en lui.

Dans cet Ici, à chaque souffle nouveau, la peur de cette intimité au rien de lui laissait place à  un sentiment d’inconnu familier, d’émerveillement ordinaire, d’absence si présente.

En s’y perdant totalement, il avait trouvé ce qui n’était autre que lui.