Pourquoi dis-tu que je ne suis plus là?

Ce corps, reflet de temps et d’espace, est apparu et a disparu, rien de plus normal.

Ce qui apparaît fini toujours par disparaître .

Mais ce qui me faisait être, ce qui me rendait conscient de tout ce qui apparaissait et disparaissait, est toujours ici.

J’ai juste retrouvé ma pleine dimension,

celle qui n’est pas tributaire du temps, celle qui n’a pas de forme, ni d’âge, ou de genre.

Si je n’ai plus de forme, toutes les formes sont miennes,

dans cette évidence d’un même souffle.

Où que tu ailles je suis,

quoi que tu fasses je suis.

Que tu y penses où pas, que tu t’en réjouisses ou non,

je suis ce même souffle,  je suis ce même mouvement.

Le mouvement du vivant manifesté.

Le mouvement de l’histoire au sein d’un même grand rêve,

où tout ce qui en fait partie apparaît et disparaît.

Ce que tu appelles toi, ce que tu appelles moi, ne dure que le temps d’un inspir, d’un expir.

Le Souffle lui, EST, sans avoir à faire perdurer quoique ce soit.

Ce souffle n’est pas autre, n’est pas ailleurs, quand il apparaît, c’est ICI.

Il est tout toi.

Mais ce toi qui ne possède rien, ce toi en qui tout est perçu,

ce toi en qui tout jaillit et se dissout.

Sans forme pour toutes les formes, sans âge pour toutes les époques,

sans désirs pour toutes les histoires.

sans visage pour tous les visages.

Pourquoi dis-tu que je ne suis plus là?

Où que ton regard se pose, c’est moi qui suis là.

Les oiseaux chantent avec moi, les fleurs m’épanouissent, le ruisseau est ma danse.

Un seul et même souffle,

un seul et même mouvement,

un seul et même rêve.

Quand à travers ce corps, les mots pouvaient se dire, tu ne voulais pas entendre,

maintenant tu ne voudrais qu’eux, alors que tout me chante, que tout me dit.

Que tout te chante, que tout te dit.

Un seul et même Souffle.

Qui respire ?

Un seul et même mouvement.

Qui danse?

Un seul et même rêve.

Qui rêve?

Alors, pourquoi dis-tu que je ne suis plus là?